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14/12/2011

Chute pour cheveux

Une petite anecdote qui s'est déroulée pendant ma période de formation à Cluses un soir d'hiver de vent, de froid et de pluie, le temps idéal à ne pas mettre un Myopathe dehors.


Chute pour cheveux

Comme la météo l'avait prédit au bulletin du matin, un léger crachin accompagné d'un petit vent du nord sévirait en début de soirée. L'hiver n'est plus très loin, l'automne à froid aux pieds. Les gens ont préféré rester au chaud d'où les trottoirs déserts. Seuls quelques véhicules circulent dans les rues.
Il est presque dix-huit heures et je suis dehors dans le froid et la pénombre de la nuit tombante. Quelle merveilleuse idée que d'avoir pris rendez-vous chez le coiffeur par un temps pareil. Les copains eux, sont ensemble à jouer aux cartes ou en train de débattre allègrement afin de mettre au point notre prochaine soirée gastronomique, bien au chaud. Engoncé dans mon manteau, le col relevé pour me protéger du vent, je traverse la rue en direction de la petite galerie marchande où se trouve mon coiffeur préféré.

Courir m'est depuis quelques temps impossible donc, je marche à mon rythme sans excès de vitesse condamné à rester le plus longtemps possible sous cette putain de pluie qui me glace le sang. La fin de mon calvaire arriva lorsque enfin je pus atteindre les arcades de la galerie marchande. Le sol est recouvert de dalles de carrelage ce qui procure une sensation de confort et un certain charme à ce trottoir qui jouxte le parking. Je m'y engage donc, les semelles de mes chaussures toutes ruisselantes d'eau de pluie.

Quelques pas de géant et doubles vrilles plus tard, je me retrouve à terre, les genoux sur le bitume, au milieu de l'entrée du parking. Par bonheur, aucun véhicule ne passait à ce moment, car avec l'élan que je prends dans ces moments-là, je l'aurais certainement renversé. Le temps que je retrouve mes esprits, un mastodonte tout terrain, muni de deux gros yeux blancs et de quatre boudins gonflés à bloc s'approcha pour pénétrer sur le parking. Lorsqu'il me vit, toujours dans la même posture, il ralentit puis stoppa à quelques mètres devant moi, laissant tourner son moteur au ralenti. La pluie a cessé et malgré la lumière blanchâtre des deux gros yeux qui m'éblouissaient, je pus tout de même distinguer deux silhouettes à l'intérieur du véhicule. A cette époque, je pouvais encore me relever mais quand même pas avec une aisance très fulgurante. Quand on ne peut pas se hisser normalement, on s'adapte, alors, on plante les mains en avant puis, on tend les jambes en arrière sur la pointe des pieds, puis, on approche les jambes petit à petit jusqu'à pouvoir enfin se mettre debout.
Après plusieurs tentatives, je réussis mon ascension. Je m'en voulais de retarder ces personnes qui, bien abritées, ont certainement du par le biais de ma prestation malhabile, me croire ivre. Ils firent preuve d'une grande maîtrise de la situation, car ni ils klaxonnèrent, ni firent ronfler leur moteur d'impatience. Mon équilibre retrouvé, je pus dégager le passage et me diriger enfin vers le salon de coiffure.

Arrivé devant la porte, le coiffeur m'aperçut et m'ouvrit. Il me pria d'entrer et me salua chaleureusement.
Venant d'en terminer avec un autre client, il me dit,
-"Ah vous tombez bien, c'est justement votre tour".

17:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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